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On
connaît la capacité du très grand saxophoniste californien Vinny
Golia à souffler sans fin en rafraîchissant son inspiration au
passage d'un instrument à l'autre. Dans ce disque il en utilise
treize (cls, saxs, flûtes, et taragot) pour quatorze morceaux.
Le disque a été enregistré très vite, au gré des hasards d'une
tournée qui a permis la rencontre. Son mixage, fait après la
mort de Kowald par Golia et le preneur de son, Wayne Peet, place
le contrebassiste en position d'accompagnateur et on aimerait
parfois, surtout dans les premières écoutes, avoir accès aux
mannettes. Pourtant le bassiste n'est jamais pris en faute et
trouve à se loger avec une promptitude et une pertinence extrême
dans le discours de Golia. On a alors un grand plaisir à entendre
les deux musiciens improvisateurs se saisir ensemble des notes avec une créativité
qui évite formules et modèles dans un style pourtant assez classique
: il n'est pas toujours besoin de faire craquer les cadres. Si
le disque ne me satisfait pas pleinement cela tient certainement
au peu de préparation de l'enregistrement et à l'absence de Kowald
lors des stades ultérieurs de production. Le contrebassiste y
aurait amené sans doute une différence que Golia et Peet n'ont
pu trouver sans lui.
Noël TACHET Impro Jazz
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